Fille ou garçon 

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Je n’aurais pas pu avoir deux garçons. 

Bon techniquement si, évidement, je suis comme tout le monde. Je n’ai pas le mode d’emploi pour fabriquer un garçon ou une fille. 

Mais j’aurais eu beaucoup de mal à « accepter » un deuxième garçon, vraiment. 

Déjà, je pensais avoir une fille en premier. Une idée à la con que je m’étais calé dans un coin. Je pense à cause de mon grand père qui m’a dit un jour que c’était mieux d’avoir une fille d’abord et un garçon après (mais il n’a eu qu’une fille, j’aurais pas dû l’écouter) Et puis je suis moi-même l’aînée, j’ai un petit frère, donc ça me paraissait logique. Comme quoi les schémas famillaux, ça marque malgré tout. 

Du coup, quand on m’a annoncé un garçon pendant la première grossesse, je n’ai honnêtement pas pu réfréner un sentiment de déception. Que j’ai laissé coulé, au sens propre comme au figuré, en pleurant un bon coup à la piscine, avant de m’excuser mentalement auprès de ce petit garçon que j’allais naturellement aimer plus que tout.

Et ce bébé, quand il est né, c’était avant tout un tout petit quelque chose qui avait grand besoin de moi. Et moi je suis devenue cette petite chose qui avait grand besoin de lui. Je l’habille en garçon, il aime les jeux de garçon (mais il se fait que des copines, à l’école ou dans les parcs, va comprendre), c’est mon garçon d’amour. 

Quand ma deuxième grossesse à commencé, mes envies de petite fille ont refait surface. Encore plus fort. J’avais des angoisses à l’idée que ce soit un deuxième garçon. Mon fils disait « peti’ soeu’ « Mes tripes me criaient « petite fille », mais je suis du genre à attendre pour ne pas me faire trop de films et ne pas être déçue. Donc quand l’échographe nous a donné la réponse, mon coeur a fait du cerf-volant. Je pouvais enfin me projeter avec une fille, avec un garçon et une fille, et je trouvait ça fantastique. 

Je ne suis pas pour les clichés fille / garçon, mes enfants jouent avec ce qui les intéresse sans soucis du genre. J’habite mon fils en garçon parce que bêtement ça me paraît logique, et ma fille récupère ses fringues (vive les prêts de vêtements, elle aura quand meme des jupes et robes pour la belle saison grâce aux autres). Pour l’instant ils sont petits, donc c’est moi qui choisit leurs vêtements. Ils s’en fichent, mais un jour ils auront leur avis et on fera avec. Je ne sais pas si l’adage « Les garçons c’est pour les mamans, les filles c’est pour les papas » dit vrai, et je m’en fiche. Le papa et moi faisons tout avec les deux à égalité : jeux, câlins, soins, balades, blagues, repas… Mes enfants sont avant tout des individus avec leurs différences, leurs particularités, que je découvre chaque jour et pour lesquelles je m’adapte comme je peux. Je passe du temps avec eux, ensemble ou séparément, et je les regarde grandit tels qu’ils sont.

Donc dans le fond, c’est un peu bête cette envie viscérale d’avoir une fille. Mais elle a toujours été là, et je reste persuadé qu’il m’aurait fallu un sacré boulot avec moi-même en cas de petit frère. Je suis ravie que cette enfant soit là, pour tout ce qu’elle peut nous apporter à tous les trois. J’ai une très belle relation avec ma maman, et pour le coup c’est une chose que j’aimerais vraiment reproduire. J’ai une très chouette relation avec mon frère, et j’ai envie de voir mes enfants nourrir une relation similaire. 

J’ai bien conscience que tous ces désirs auraient étés possibles avec deux enfants de même sexe, que je les aurai aimé d’un amour aussi fort. Mais je reste persuadée que mon histoire personnelle a besoin de ce duo là, de mon garçon et de ma fille. Mon équilibre passe en partie par eux. 

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Quand le fils bavarde #4

J’en aurais des dizaines à partager.

Mais aujourd’hui, ma fille a six mois. Les six mois qu’on se prend en pleine face, les six mois « bittersweet » parce que ce mot est tellement plus joli en anglais. Les six mois qui donnent envie de ralentir le temps, les six mois qui rendent impatients de voir la suite.

Et aujourd’hui, au réveil de sieste (à 19h passées)(oui la soirée à été longue)(mais je diverge)(bref), mon fils se colle à sa frangine assise sur mes genoux. C’est à dire qu’il attrape sa tête avec toute la délicatesse dont un bientôt-trois-ans est capable (aucune), frotte sa joue pleine de morve rebondie contre elle, ravie de voir son frère lui porter de l’attention, en disant, la bave le sourire au lèvre: 

Je y’aime! Je y’aime!

(Oui le son L à encore du mal à passer, ça donne des situations sympa, faut que je note ça par ici)

Autant dire que ce soir, presque pile à l’heure de naissance de mon deuxième bébé, voir mes deux mômes comme ça, ça m’a remplis mon réservoir d’arc-en-ciels à paillettes.


Mes miches, mes gosses et moi.

C’est donc avec un titre très élégant que j’introduits mon article sur l’allaitement.

Déjà qu’on soit bien d’accord: Le sujet n’est pas d’être pour ou contre l’allaitement, qu’il dure une heure ou 10 ans. Dans le fond je me fiche bien qu’une maman biberone ou nichone, chacun sa vie, ses envies, ses choix. Je veux juste parler de mon expérience, de mon ressentit. Parce que j’en ai besoin, parce que ça peut un jour servir à quelqu’un(e) on sait jamais.

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Je me suis toujours dis que j’allaiterai mes enfants, c’était sûr. Ma mère nous avait allaités quelques mois chacun mon petit frère et moi, ça me paraissait évident et logique d’allaiter mes enfants à mon tour.
Par contre, je n’ai jamais aimé avoir des seins. Je les ai toujours trouvés encombrants et moches, mais je vivait en relativement bonne entente avec eux sachant qu’ils me permettraient un jour de nourrir mes bébés.

Du coup, quand j’attendais mon fils, il était logique pour moi de l’allaiter quelques mois puis d’arrêter avec la diversification, vers 6 mois donc. J’espérais juste que ca fonctionne bien, mais sans en douter tellement vu que c’est naturel, qu’on est faites pour ça (et puis de toutes façons ma mère me disait qu’il n’y avait aucune raison que ça ne fonctionne pas, ça aide aussi) J’ai suivit des cours de préparations à la naissance qui parlent vite fait de la mise en place de l’allaitement, et j’écoutais avec beaucoup d’intérêt pour être prête et relax le jour J.

Et le jour J tout s’est parfaitement déroulé, ainsi que les jours suivants. Mon fils était un vrai sérial-téteur, et n’avait pas de problème de santé. De mon côté, il a juste fallu que ça se mette en place. La montée de lait m’a plutôt surprise (oui j’ai eu sacrément mal pour le coup), et les seins doivent s’habituer à cette nouvelle « manipulation ». Mais rien de grave, un peu de crème ou de lait en fin de tétée et ça c’est fait simplement. Quelques surprises pendant les pics de croissance, entre bébé qui s’énerve, les seins qui n’ont pas encore compris le changement de rythme et des petits pics de fièvre pour moi, il y a parfois eu quelques jours acrobatiques. Mais globalement tout roulait, mon fils ayant carrément pris 2 kilos pendant son 1er mois de vie, je n’avais aucune raison de m’inquiéter.

Et surtout quoi qu’il arrive, j’avais confiance en moi, j’avais confiance en lui. De toutes façons il était hors de question que je lâche l’allaitement. J’ai laissé de côté beaucoup de choses dans ma vie, j’ai fait pas mal de concessions, mais là je m’y refusait tout simplement. Sinon je pense que je l’aurais particulièrement mal vécu. Chacun ses fixations après tout !

Comme déjà dis, mon fils était un sérial-téteur. Du coup, pendant les tétées-marathon, je parcourais internet à la recherche d’informations sur l’allaitement entre autres. Bon j’ai vite compris que Doctissimerde, il vaut mieux éviter, ainsi que pas mal de sites « spécialistes » de bébés et des mamans… J’ai épluché le site de La Leche League, j’ai dévoré Les Seintes, Instagram m’a bien bien occupé également, et j’ai assidûment suivit des tas de conversations sur des groupes Facebook dédiés à l’allaitement (oui, le membre fantôme qui ne réagit que 3 fois par an, c’est moi, coucou!)  Alors du coup, toutes ces découvertes m’ont donné envie d’essayer d’allaiter jusqu’à 1 an, puisque le lait reste l’aliment principal, puisque ça me plaisait bien. Et puis je ne me voyait pas passer au lait artificiel, trop de contraintes et de gestions à mon goût (sans parler de l’aspect financier qui me file des angoisses).

Et hop, une tentative de doigts dans le nez évitée!

Donc on est allés tranquillement jusqu’à son 1er anniversaire, cette date si importante pour une maman. Et on a continué, parce qu’on en avait encore envie tous les deux. Ça faisait partie de nos habitudes, de nos rituels. Ces moments câlins rien qu’à nous, en public ou tout seuls, ces échanges dont on n’avait pas envie de se passer.
Ça n’était plus l’allaitement d’un nouveau-né, évidement. Il a commencé à marcher, il a continué à parler de mieux en mieux, à comprendre le monde un peu plus chaque jour. A être curieux. Donc il tétait différemment, il pouvait se passer de moi de plus en plus. Et si je ne voulais pas où ne pouvais, il me suffisait d’expliquer, la plupart du temps il comprenait (enfin, autant qu’un môme d’un an – un an et demi peut comprendre et attendre, hein…) L’allaitement à l’amiable, c’est assez pratique et confortable en fait. On avait un rythme et des rituels. Les tétées-retrouvailles après le boulot, après des petites séparations. Les tétées-dodo pour le coucher du soir, tous les deux tranquillement installés dans son lit. Les tétées-grasse-matinée parce que se lever tôt c’est casse pieds (M’enfin ça menait rarement très tard hein, j’ai le modèle lève-tôt aussi faut pas rêver) Bref, j’en oublie plein, mais c’était surtout des tétées-plaisir, dans lesquelles il trouvait de quoi se nourrir et remplir son réservoir affectif, grâce auxquelles on jouait, on se câlinait, on profitait. J’ai stoppé les tétées en extérieur, principalement parce que j’en avais assez. J’estimais que s’il avait faim, il pouvait manger un truc; s’il avait soif j’avais de l’eau; s’il avait un bobo ou un chagrin à soigner, mes bras étaient largement capables de faire le même boulot que mes seins.

La sieste en couche.

Quand il a eu 20 mois la petite sœur s’est installée. Même si je l’ai su très tôt, je pense que lui l’a su encore plus tôt. Il y a eu des nuits (encore plus) casses pieds, des seins rapidement vidés, une patience qui s’amenuisait. On s’est fâchés très fort, parce que je n’avait plus ni l’envie ni l’énergie de lui laisser prendre ce qu’il voulait. Il est très têtu chiant persévérant, alors ça ne c’est pas fait sans heurts. Je comptais sur une grosse baisse de lait ou un changement de goût pour qu’il s’arrête de lui-même, ce qui ne c’est pas produit. Donc petit à petit, on a gardé quelques tétées. Celles du soir, parce que l’aider à s’endormir aussi simplement, aussi rapidement, aussi naturellement, ça me semblait le plus agréable pour lui comme pour moi (surtout après une journée de taff, des retrouvailles-câlins, y’a que ça de vrai) Celles de la sieste, parce que même les jours de résistance ça fonctionnait, une vraie potion magique, et parce que ça me permettait d’en profiter pour rester au calme et dormir moi aussi (je me suis transformée en usine à dodo pendant cette grossesse) Et celles du matin, pour se réveiller en douceur, lové entre son papa et moi. Du coup il a « fait ses nuits », aidé par un boc d’eau pour les soifs nocturnes. Bref on a trouvé un nouveau rythme. Qui m’allait très bien, et qui semblait lui convenir.

Comme toute maman qui attend son deuxième, j’avais peur que l’arrivée de la frangine ne perturbe cette bonne entente, mais je nous faisait confiance pour trouver de nouvelles marques tranquillement. Je me demandais comment gérer les tétées d’un nouveau né avec un grand dans les parages. J’avais un peu peur qu’elle ait besoin de rester au sein mille ans comme son frère… Je me demandais vaguement comment caler les deux s’ils avaient besoin en même temps. Je me posait plein de petites questions pratiques, sans trop essayer de trouver les réponses non plus. Comme je suis plutôt du genre à voir au jour le jour, j’essayais de ne pas trop me projeter, puisque quoi qu’on prévoit tout se passe autrement.
Et elle est arrivée. Elle a réclamé le sein au bout de quelques petites minutes de vie. J’ai redécouvert cette joie d’allaiter un tout petit bébé. Cet échange si particulier, si intense. Ce truc de fou qui marque à vie, ce truc tellement rapide que j’aimerais y retourner, juste un moment. Elle est née en début de soirée, donc j’ai eu tout le reste de la soirée, toute la nuit et une bonne partie du lendemain pour profiter d’elle seule, pour profiter de nous deux. Pour la laisser profiter de moi seule. A travers l’allaitement mais également tout le reste.

Quand son frère est venu, notre première tétée entre lui et moi à été une tétée de sieste. La frangine dormait sur son papa. Il était tellement fatigué qu’on s’est installés tous les deux sur mon lit comme on le faisait à la maison, et il s’est mit à téter. Je m’attendais à une réaction de sa part, sur le goût ou la quantité de lait, mais rien. Cet enfant est imperturbable… Je sentais juste qu’il déglutissait bien plus que d’habitude. Et on a dormit comme ça, tous les quatre. Puis est venu le moment fatidique où, pendant une tétée se sa soeur, il a réclamé son « dû » à grand cris à force de la voir téter, à force d’encaisser beaucoup d’émotions en si peu de temps. On s’est installés tous les trois et je les ai laissé faire. Je n’ai pas franchement passé un bon moment. On était mal positionnés (enfin surtout moi), et au final les sentir téter en même temps n’était vraiment pas agréable. Mais je l’ai vu lui découvrir sa soeur d’une autre façon, je l’ai vu la regarder, la caresser avec tellement de douceur que tous les désagréments se sont envolés. J’ai eu la sensation que le co-allaitement, finalement, ça allait être le bordel mais nous permettra de vivre de belles choses. 

Tu la vois, la mère aux cheveux gras qui sait pas trop comment s’organiser?

Et puis il y a eu le retour à la maison. Qui a été en fait plutôt acrobatique, physiquement pour moi, moralement pour tous les deux. La petite soeur prenait sa place dans mes bras, dans les bras de son papa. Il était en manque de nous, de contact, de câlins. Je ne l’ai compris qu’au bout de quelques semaines en fait. Il réclamait de nouveau à téter très souvent, trop souvent, de jour comme de nuit, et de préférence quand sa soeur avait besoin de moi. Il était capable de ne plus rien manger, capable d’attendre de téter, même pendant des heures. Il était capable de rester au sein pendant longtemps, beaucoup trop longtemps à mon goût. Autant dire qu’on s’est sacrément fâchés. On a crié, on a pleuré. J’ai eu envie de tout lui couper, de le forcer a arrêter. J’ai détesté les tétées avec lui. Je lui en ai voulu de ne pas me laisser profiter de sa soeur autant que j’aurai aimé. 
Mais j’ai pris sur moi, parce que continuer dans le conflit ou forcer un changement important dans un tel contexte n’avait aucun intérêt, je pense que ça aurait même été carrément négatif pour tout le monde. Et puis surtout parce que tout passe, tout évolue, il suffit parfois de laisser faire. 

On est aujourd’hui revenus à un rythme qui me convient bien, les tétées-dodo, et les nocturnes. Même si parfois je m’en passerai bien, même si je trouve qu’à presque 3 ans il pourrait (devrait?) savoir s’endormir autrement… Mais après tout, les tétines et doudoux, personne ne force un enfant à les oublier non? (Bon en fait je me doute que si, mais ça ne doit pas être cool) On continue de se fâcher très souvent, parce qu’il m’empêche clairement de dormir, parce qu’il réveille parfois sa soeur. Qui elle se réveille un peu pour téter vite fait, voire juste pour un câlin et hop dans son lit (à côté du notre hein, quand même)

Et d’ailleurs, son rythme à elle est plutôt cool. Elle n’a pas besoin de rester douze mille ans au sein, elle peut attendre assez longtemps entre deux repas. Elle n’a pas besoin du sein à la moindre contrariété, au moindre bobo ou chagrin. Un câlin, une explication et c’est bon (chose possible que beaucoup beaucoup plus tard, et avec beaucoup d’efforts et de patience pour mon fils) Ce qui m’arrange bien; je ne sais pas comment j’aurai géré les deux si elle avait eu les mêmes besoins que son frère. Quand on dit que les 2ème s’adaptent, pour le coup j’en ai un bel exemple! 

Donc on en est là. La frangine a volonté,  évidement, et le frangin pour certains besoins. Tous les jours j’espère qu’il se sèvre, tous les jours je sais qu’il n’est pas prêt. Tous les jours ça m’énerve, tous les jours je sais que ça me manquera quand il sera passé à autre chose. Quand ils veulent téter en même temps, je tente de négocier. Et comme ça ne marche jamais (je dois être la plus mauvaise négociatrice de France), je les colle un de chaque côté et puis c’est marre. On a trouvé une bonne position, ils peuvent se regarder dans les yeux, se toucher, en oublier de téter. Ou s’endormir comme des grosses patates fatiguées quand c’est le soir. C’est pas forcément confortable très longtemps, mais ça me permet de les voir tel que peut de gens les verrons, ça me permet de les voir tisser un lien assez particulier.

Même s’il y a des jour où j’ai l’impression d’être un garde-manger vivant, même s’il y a des heures ou trop d’enfants sont restés collés à mes seins trop longtemps, même si parfois je me demande si y’a pas un problème à résoudre entre mon fils et le sommeil, je sais que dans le fond je suis faite pour ça. Je sais que l’allaitement nous correspond, c’est notre façon à tous les 4 de grandir, de s’aimer. Et puis quand je vois comme ils se regardent tous les deux, quand je vois leur relation devenir plutôt cool, je me dis que notre allaitement à tous les trois est notre solution, que c’est leur façon de grandir tous les deux.


Au calme

Parce que rester tout l’été dans notre 5ème étage n’aurait pas été une bonne idée. 

Parce qu’en attendant les 15 jours à la mer, les 15 jours de vraies vacances, rester les pieds dans l’herbe c’est beaucoup mieux. 

Parce qu’il suffit de sortir le bout du nez pour être vraiment dehors. Parce qu’on n’a pas besoin de se préparer pendant une heure pour sortir. Parce qu’on n’a pas besoin de rentrer, que pour dormir.

Parce que ça fait du bien de profiter d’eux sans m’occuper du reste. Parce qu’on a encore bien besoin de s’adapter les uns aux autres, avec cette nouvelle venue. Parce que même si on s’aime c’est un peu plus long que je n’aurais cru.

Parce que c’est important de vivre pieds nus, de manger les framboises directement sur les branches, de regarder les pommes mûrir. Parce que c’est agréable de laisser les jours passer, de les laisser se ressembler, de les laisser évoluer et grandir discrètement. Parce que c’est agréable de laisser les choses se faire selon les envies et puis c’est tout.

Parce que je ne suis pressée de rien, je profite de tout. Parce que le monde peut tourner sans moi, parce que j’y remettrai les pieds bien assez tôt, je reste dans mon petit monde avec ceux qui font mon monde à moi. 


Ces mots qui font du bien #2

En ce moment c’est le bazar. En ce moment mes enfants ont besoin de moi plus que jamais, et c’est épuisant. En ce moment je profite d’eux à fond, parce que j’ai besoin d’eux et de tout ce qu’ils peuvent m’apporter. En ce moment, tout est entre parenthèses, de jolies parenthèses que je ne retrouverai jamais. 

En ce moment, il faut savourer, profiter, faire des réserves de chaudoudoux pour lutter contre les froids-piquants. 

Alors pendant les moments froid-piquant, j’essaie de repenser à ces mots là.

Et en ce moment, même si je me suis mise en pause-maman et qu’un jour il va bien falloir que je me retrouve moi-même, je profite de ce que j’ai. Que ce soit des premières fois ou des dernières fois.


Leurs différences.

On dit qu’il ne faut pas comparer ses enfants, mais je ne vois pas comment on peut s’en empêcher. Et puis ça n’est pas forcément péjoratif, au contraire, chacun est comme il est, c’est juste des observations.
Et puis observer le deuxième, dans le fond, ça permet de se souvenir du premier. Les détails reviennent en mémoire, les petits riens qu’on avait cachés dans un coin de la mémoire. Alors ce deuxième, on le savoure d’autant plus que ça sera le dernier, on le savoure d’autant plus qu’on sait à quel point tout passe à toute vitesse.

Les voici, ces petits détails.

Il avait toujours le sourire, se marrait dans son sommeil dès les premières heures. Elle est très sérieuse, pas souriante du tout. Même les sourires « aux anges », que je préfère appeler « des sourires pour eux même », elle en fait très très peu. Ils sont d’autant plus précieux.

Il parlait dès le début, avec tout plein de petits bruits assez expressifs. Elle non, elle fait juste des bruits étranges ou pleure quand on n’arrive pas assez vite à comprendre ses besoins. Le strict minimum.

Il dormait sur le dos, les bras en l’air au dessus de sa tête ou carrément en suspension. Immobile. Elle dort sur le ventre, les bras le long du corps. Et elle bouge.

Il détestait être sur le ventre, mais alors vraiment. En râlant pour qu’on le remette dans une autre position. Elle a l’air d’y trouver son compte, bouge la tête, gigote les jambes. Ça ne dure évidement pas longtemps pour le moment (sauf pour les dodos du coup)

Il ne bougeait pas. Allongé sur le dos, il remuait la tête pour voir autour de lui, c’est tout. Et puis les jambes petit à petit, avec sa façon bien à lui de les faire battre de haut en bas, à fond. On n’a jamais eu de soucis de bébé qui roule et qui tombe, vu qu’il n’a jamais roulé. Elle arrive à se mettre sur le côté pratiquement depuis le début, elle se cambre à fond, la tête et les fesses en arrière. Elle se déplace déjà un peu vu qu’elle tortille les fesses. Elle va sûrement rouler celle-ci, et vite…

Il dormait pas forcément beaucoup, et surtout se réveillait souvent, pour longtemps. Je me demandais toujours si j’allais avoir 5 minutes pour prendre une douche. Il voulait (et veut encore…) toujours être au sein pour s’endormir, longtemps, et avec beaucoup de mal à se décrocher. Elle dort tout le temps, les phases d’éveil sont assez courtes (et assez prenantes!) On se demande toujours si elle va se réveiller à un moment, et on s’étonne souvent de la voir déjà rendormie. Elle tète un peu, puis se décroche toute seule ou se laisse faire, puis on peut la poser et elle est ravie. Et souvent elle s’endort sans même téter, avec un câlin, des caresses ou un bercement. C’est bien plus pratique!

Il se marrait avec un méga sourire avant de régurgiter, que ce soit en dormant ou non. L’air trop content d’avoir du rab de lait. Elle râle, grogne, puis rote et régurgite. Ça lui plaît beaucoup moins…

Il est né sans cheveux, sans cils ni sourcils. Ça surprend un peu… On pouvait deviner qu’il serait blond et c’est tout. Elle est née avec un peu de cheveux tout noirs, et ce qu’il faut de cils et sourcils fins et clairs. Et il y a en ce moment des reflets roux sur sa tête, on verra bien ce que ça donnera.

Ils sont nés les yeux bleus tous les deux. De ce bleu propre aux nouveaux-nés, avec ce regard un peu indéfini. Il a eu le regard franc, précis et communicatif très tôt. Il a gardé ses yeux bleus quelques mois, puis ils ont variés plusieurs fois pour se fixer maintenant sur un vert-marron tacheté de jaune et qui vire au gris selon le temps. Rien que ça. Elle en est toujours au bleu des débuts, avec des variations de teintes. Elle a toujours le regard dans le vide, avec des phases de plus en plus précises et volontaires.

Ce sont deux sérial-téteurs, mais chacun sa méthode. Il restait des heures accroché au sein, éveillé ou endormit. Il réclamait la nuit, souvent, longtemps. Et valait mieux pas le décrocher. Elle tète surtout pendant ses phases d’éveil, en faisant plein de micro-tétées. Et se décroche seule ou sans soucis. Elle tète déjà de moins en moins la nuit.

Et je les aime autant l’un que l’autre.

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Juste une illustration chamalow


Un mois de douceur

Donc aujourd’hui ça fait un mois qu’elle est née.

Un mois que ma Douce est arrivée parmis nous.
Un mois que mon Patachon est grand frère, et ça a l’air de lui plaire. Ça lui plaît moins de partager les bras et le temps de ses parents, mais petit à petit on trouve un autre rythme, d’autres façons de se retrouver.
Un mois que je suis maman de deux enfants, et j’ai très vite compris celles qui parlent des difficultés à être présente pour tous (et un peu pour soi quand même)
Un mois que c’est un peu le chaos, un mois qu’on fait comme on peut. Un mois que je savoure les beaux moments pour laisser de côté les mauvaises passes.

Ça fait un mois que cette petite fille grandit paisiblement dans mes bras, dans nos bras. Cette petite fille qui ressemble tellement à son frère que j’ai du mal à la voir en fille, justement (en même temps, lui mettre les mêmes tenues que le grand ne doit pas aider ^^ ) Ça fait un mois que je savoure le plaisir d’avoir un nouveau-né à cajoler, à respirer, à chouchouter. Avec ma tornade de deux ans et demi dans les pates, c’est moins calme mais j’essaie de me concentrer d’autant plus sur ces moments, sur ces détails tellement éphémères.

Ma Douce mérite bien son surnom, que je lui donnais déjà silencieusement quand elle était au chaud dans mon ventre. Elle dort beaucoup, regarde un peu le monde. Elle est très sérieuse, ne sourit pas où très peu, très légèrement, pendant les tétées ou dans ses rêves (par rapport à son frère qui se marrait dès les premières heures, ça nous paraît bien austère) Ses petits yeux bleu nuit fixent le monde avec cette curiosité floue des tout petits, avec un fond de mélancolie et de tristesse, voire même de crainte, qui m’étonne à chaque fois. Elle s’ouvre petit à petit, pas trop vite, comme si elle avait compris que j’ai besoin de temps avant de la voir grandir. Comme si elle avait compris qu’il vaut mieux prendre le temps de toutes façons.

Elle est parfaite, évidement.

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